09 sept. 19

République dominicaine - Une journée à Saint-Domingue

Saint-Domingue, 05 Septembre 2019. Le Diario Libre, journal d'information dominicain, présente dans un de ses articles le proces de Maurice le coq, durant lequel le tribunal de Rochefort a donné raison ce jeudi à la propriétaire du coq Maurice, en déboutant de leur plainte les voisins qui l'avaient attaqué pour nuisance sonore. Une victoire pour la ruralité, d'après certains. Mon amie Lery Laura me contacte, amusée, comme son amie qui lui a transmis ce message, lui flânant qu'ils sont divertissants, les problèmes du Premier monde. S'ensuit un échange, parmi d'autres, qu'exceptionnellement je transforme en post de blog...

Lery Laura

Manu: "par premier monde, elle fait référence au monde occidental ?"

Lery Laura: "en l'occurence, elle se réfère à l'Europe".

Manu: "tu considères l'Europe comme le premier monde ?"

Lery Laura: "Ben oui. C'est une expression qui se réfère à l'ensemble des pays dont les citoyens ont un niveau de vie élevé. Cela ne fait pas référence à son âge, exactement. Vous ne l'utilisez pas en français, ou veux-tu dire que le terme peut être questionné ?"

Manu: "Non, pas vraiment, il me semble." Et me vient à l'esprit une  interrogation: "il y a des ressentiments, en République dominicaine, vis-à-vis de l'Europe ?".

Lery Laura 2

Plage El Valle

Lery Laura: "En général, non. Il y a de petits groupes qui, dans le juste désir de reconnaître la valeur de notre héritage afro, sont un peu polarisés contre la partie blanche. Mais ils sont très rares. Aussi les gens avec une position politique anti-impérialiste en général, qui vivent ceci très sérieusement. Mais je ne pense pas qu'il y ait un sentiment de ressentiment. Le Dominicain "moyen" n'a pas assez de formation politique pour développer ce ressentiment :)".

Manu: "une jeune femme d'Argentine m'avait dit, via la toile, qu'il était difficile pour elle de savoir si elle aimait l'Europe, du fait des liens qui existent entre la bonne qualité générale de vie sur le vieux continent et une partie des difficultés rencontrées en Argentine. Elle était venue en voyage deux mois en Europe (France, Espagne notamment), s'était sentie comme dans un musée à Paris, mais elle avait vue (ou s'était représentée, plus exactement) les Européens comme des personnes froides, humainement parlant".

Lery Laura 3

Plage de la province de Pedenarles

Lery Laura: "ici, en République dominicaine, beaucoup voient les Argentins comme un peuple avec un complexe de supériorité qui se croit un morceau d'Europe en Amérique latine. Tout le monde connaît des blagues sur l'arrogance argentine."Il y a de tout. Il y a plus de Blancs en Argentine que dans les autres pays d'Amérique latine. Certains se sentent différents. Plus Européens. Mais aussi des personnes ayant d'autres critères: artistes, écrivains, penseurs..."

Lery Laura 5

Ainsi va le Monde, et ses représentations, par ses représentants...

(photos de Lery Laura)

PS: Maurice, merci d'exister !

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05 nov. 14

Une souris et...Lery Laura, mi-muse, mi-poète

Lery Laura est une amie. Une "amie du Monde", comme il est facile d'en avoir de nos jours. Je la contacte en été 2013 après être quelque peu tombé par hasard sur son profil linkedin: "Lery Laura es periodista, egresada de la Escuela de Comunicación Social de la Universidad Catolica Santo Domingo. Sus intereses están vinculados a la investigación periodistica, el arte, la comunicación social y las ciencias sociales en general. Trouvant que discuter avec elle pourrait être chouette, nos premiers échanges sont dans un spanglish moderne : "Hi I am seeing you are periodista (in linkedin) and I would really be pleased of speaking with you about life, work, etc...would you be interested ? Kind regards, Emmanuel from France." C'est alors qu'elle me répond : "Hola, sí, soy periodista. Trabajo en una revista dominicana, escribo artículos de economía y sociedad. Mi trayectoria no ha sido extenso, pero algo tengo para compartir. Empiezo contándote que me cuesta mucho escribir en inglés, pero you can translate this with google. Gracias por interesarte."

lery laura 4

Lery Laura, par Manu

Depuis ce jour, nous échangeons régulièrement sur la vie, le travail, la République Dominicaine, La France, les Alpes, les grenouilles, les fleurs...et quelle chance, Lery Laura et moi avons quelques centres d'intérêt en commun : la nature, la photo, l' écriture par exemple. Il est peu habituel d'entendre parler de cette île des Caraïbes dans les médias français, en dehors du tourisme. Alors pourquoi ne pas dépasser un peu les clichés et affiner sa connaissance du pays via cet échange interculturel ?

lery laura

Plage de Cabrera, République Dominicaine...et si on dépassait les clichés ?

Mais après cette brève introduction, je dois vous dire quelque chose...Lery Laura est aussi un peu poète. Mais ne le dites pas, hein, c'est un secret ! Et dans nos échanges, elle m'envoie notamment un de ses poèmes, XXX. Extrait choisi :

"...Y hablo de tristeza

No por estar triste - Lo juro.

sino porque es una palabra bellisima :

Tristeza, 

la tristeza,

Tristeza.

Es un cristal creciendo

en estos ojos cerrados

y temerosos de las sombras

y otros ojos que son apenas posibles."

Mais comme le dit José Marmol, poète dominicain né en 1960, au jour d'aujourd'hui, on ne vit pas de la poésie en République Dominicaine. Alors Lery Laura, pour palier à cet idéal, écrit sur la société dominicaine, dans le cadre de son travail...travail qui ponctuellement peut l'emmêner dans l'autre partie de l'île Hispaniola, en Haïti, comme à ce moment là.

Lery Laura 7

 Excursion professionnelle de Lery Laura en Haïti

Ces échanges interculturels entre une Dominicaine lambda et un Français lambda sont particulièrement variés, et permettent à chacun d'affiner un peu sa conscience internationale. Récemment, une des rares actualités de l'île commentée dans les médias français a été lié à la décision du gouvernement dominicain de dénationaliser une partie de sa population d'origine haïtienne. Historiquement, les relations entre les deux Etats de l'île sont tumultueuses, au niveau des politiques d'Etats en tout cas. En est-il de même au niveau de la population...Humm peut être, mais dans une moindre mesure sans doute. En tout cas, on pouvait lire quelques articles il y a un an dans les médias français. "En 1937, le dictateur dominicain Rafael Trujillo ordonna le massacre de plus de 15 000 migrants haïtiens noirs pour « blanchir la race ». L'année suivante, pour se faire pardonner par la communauté internationale, le tyran sanguinaire ouvrit les portes de son pays aux juifs allemands, blancs, persécutés par Hitler. Soixante-quinze ans plus tard, la décision du plus haut tribunal dominicain de retirer la nationalité dominicaine aux descendants d'Haïtiens provoque à nouveau la préoccupation de la communauté internationale et l'indignation des défenseurs des droits humains. Fin septembre, le Tribunal constitutionnel a jugé, de manière rétroactive, que les descendants des migrants « en transit », nés depuis 1929, ne pouvaient prétendre à la nationalité dominicaine." Concrètement, cette décision retire la nationalité dominicaine pour plus de 250 000 hommes et femmes d'origine étrangère [haïtienne]. Du discours de Grenoble...en République Dominicaine. Lery Laura, mon amie, m'a évoqué cette situation il y a un an. Bien sûr, elle n'est pas spécialiste de cela, mais en tant que citoyenne dominicaine, elle peut se sentir directement concernée par cette décision. Et on peut voir cette photo sur sa page facebook.

Lery Laura 6

Et puis parfois nous parlons aussi voyages. Lery Laura est notamment allé au Guatemala, et a passé plusieurs jours dans un village indigène du pays. Nous avons échangés sur ce thème, et elle m'a envoyé quelques textes décrivant cette expérience. Extraits choisis : "27 de noviembre de 2009. Estoy en un pueblo indígena y para mí todavía resulta muy impresionante el encuentro con esta cultura. Es gente muy silenciosa y tranquila. Los hombres y las mujeres mayores siempre caminan como quien va meditando. Desde niñaslas mujeres usan el huipil, un corte muy colorido que debe decir mucho sobre sus creencias pero que yo no entiendo muy bien todavía. La mayoría lleva muy largo el pelo, aunque en algunas jóvenes se puede notar una tendencia a abandonar esta costumbre. Las más viejas sí lucen con orgullo el pelo canoso que cae sobre sus espaldas. Se ven hermosas y no sé por qué encuentro que hay tanto sosiego en las arrugas formadas sobre sus rostros. Yo pocas veces miro la vejez como algo natural, como algo justo o con lo que yo estaría conforme, pero aquí con frecuencia le encuentro algo de encanto. Supongo que es igual de triste aquí que allá, y que mi encantamiento se debe a que de todos modos estoy más distante de este pueblo y todavía soy incapaz de verlos como algo más que un patrimonio cultural. No sé si digo lo que quiero decir. Me refiero a que sé la miseria que hay detrás de los rostros arrugados que se suben a la guagua en que voy del trabajo a mi casa, allá en Santo Domingo, o al menos eso creo. Conozco a mi gente y sus penas, pero de aquí casi no conozco nada. Sé que esta gente padece de muchas cosas, pero no soy capaz de ver esos dolores en sus rostros, como hago cuando veo a un dominicano. En fin…Ya dije que son gente muy reservada, pero un saludo no falta nunca cuando una se cruza con ellos por la calle o algún camino. Se limitan a decir buenos días o buenas tardes, pero lo dicen con una voz muy alegre, sobre todo las mujeres y niñas."

Enfin, nos discussions ne sont pas non plus trop politiques, et il est parfois tout aussi sympathique de comparer les formes et couleurs naturelles !

Lery 9

Dans un jardin de Saint Domingue...(photos de Lery Laura)

Posté par Emmanuel_M à 18:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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