24 déc. 08

France/Guyane - Excursion sur le Maroni: Apatou

"Bushinengé" ou "Noirs marrons"...noms surement peu connus en métropole. Petit cours d'histoire... A la fin du 17ième siècle, des esclaves noirs, employés au Surinam, l'ancienne Guyane hollandaise, profitèrent du désordre général pour se révolter et se réfugier dans la forêt. Cette fuite se nomme le marronnage. Elle a existé dans toutes les sociétés de plantations, mais ailleurs qu'au Surinam ces sociétés se sont fondues dans les sociétés créoles émergentes lors des abolitions de l'esclavage. Ainsi, les six groupes de Noirs marrons actuels sont les seuls à être demeurés intacts jusqu'à aujourd'hui. Le terme de Bushinengé signifie dans une de leur langue "hommes de la forêt"... En effet, les populations bushinengés actuelles vivent essentiellement dans des villages et campoe (une sorte de "hameau") le long du fleuve Maroni, des côtés surinamais et français, même si nombre d'entre eux ont gagné les villes du littoral, particulièrement Saint-Laurent du Maroni. Les Bushinengés, en particulier les Bonis, sont aussi les spécialistes des pirogues, qui permettent à toute personne de rejoindre les habitations seulement atteignables par le fleuve...et c'est donc en pirogue que dans un cadre professionnel, je réalise une première excursion sur le fleuve Maroni, le fleuve roi de la Guyane, frontière naturelle entre la Guyane et le Surinam. J'aurai le temps de visiter, durant les moments creux de ma mission, plusieurs petits villages. 

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Nous montons dans la pirogue, le moteur gronde et la magie opère. Une sensation d'aventure se dégage à travers ce moment de terrain particulièrement fort. Sur la photo de gauche, une île qui abritait dans le temps des bagnards malades de la lèpre. 

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Les paysages défilent...des oiseaux volent autour et sur le fleuve, parfois prêt de nous. A chaque approche de rive, je traque la moindre trace animale. Ils sont trop bien cachés pour moi et je n'en verrai pas. Puis, petit à petit, le nombre d'habitations et de campoe augmentent de part et d'autre du fleuve...et après un peu plus de deux heures, nous arrivons à Maïman, sur la commune d'Apatou.

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Premier arrêt, forte sensation de dépaysement. Je m'approche des sites que je dois visiter et profite de chaque moment que m'offrent mes yeux pour apprécier ce paysage tellement différent de tout ce que j'ai pu voir auparavant.   

Maiman

Nous reprenons le chemin, ou plutôt le fleuve, voyons du monde sur les rives, comme ce petit groupe de jeunes nettoyant des chaises bleues, blanches et rouges. Dans le même temps, nous croisons d'autres pirogues, certaines redescendent de plus haut, des communes amérindiennes notamment, mais aussi du bourg (centre) d'Apatou, première commune ou nous nous arrêtons plus longuement. Voilà une carte la situant bien, sur le Maroni, à l'Est.

 

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Nous voilà donc dans le centre de la première commune du fleuve Maroni. Dépaysement important. Des  personnes nettoient leur matériel dans le fleuve. Le fleuve fait partie de leur identité, bien plus que les deux pays qu'elles côtoient. Ces personnes vivent avec et par le Maroni. Leur fleuve est leur vie, comme la montagne l'est pour certains savoyards. 

Apatou

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Suite des visites programmées...Je réalise davantage les difficultés de la vie de tout les jours pour un enseignant fraichement débarqué: logements, forme potentiellement mortelle du paludisme, accès aux services de santé, seulement après plusieurs heures de pirogue. Dans le domaine de l'Education Nationale, le personnel manque sur le fleuve.

guyane 

Alors que je discute avec une personne d'une école, une drôle de patte sort de la petite cage que j'avais remarqué dans un coin de la pièce...j'imaginais qu'il y avait je ne sais quel petit animal de compagnie. mais un splendide jeune paresseux en sort ! je m'en approche et le regarde monter méticuleusement l'étagère, à scruter toute prise possible. je lui caresse la bouille, je me permets, il me regarde et sa petite bouille est vraiment craquante. Ces animaux sont superbes très attachants. Celui là va peut être finir par appartenir à quelqu'un, malheureusement.

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Je réalise les tâches qui m'ont emmené ici, puis profite d'un moment de pause pour le balader dans le bourg. C'est aussi le cas de nombreux mômes de la commune, qui rentrent chez eux. 

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Visites de sites terminée à Apatou. La remontée du fleuve continue...nous nous arrêtons acheter de la nourriture à un campoe, un endroit magnifique où je dormirai le lendemain. Nous nous approchons alors d'Apagui, une école sur une petite butte, là aussi splendide. Un beau cadre pour les élèves.

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C'est ici que nous décidons de dormir. Nous posons le hamac, et j'en profite alors pour prendre quelques photos du coucher du jour. Je suis heureux de pouvoir prendre ces photos, ce coucher de soleil dans le cœur de l'Amazonie française.

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Arrive alors l'heure du repas. J'ai dans mon sac deux oranges et deux boites de sardines..mais les piroguiers ont acheté leur repas et nous en proposent. De quoi s'agit il ? d'un poisson du même ordre (mais, après vérification, pas de la même famille) qu'un célèbre poisson des aquariums d'eau douce tropicale que l'on rencontre en métropole. Un poisson très recherché en Guyane par les personnes créoles, noirs marrons et amérindiennes. Ainsi, pour résumé, j'ai le choix entre manger des sardines en boite, ou les frères guyanais du...pléco! Le poisson le plus prisé est l'atipa du fleuve, avec une réelle carapace, à la couleur uniforme sur la photo.

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Le repas est très typique. Je déguste l'atipa avec du kwak, un des aliments de base de la cuisine de Guyane, fait à partir de la racine de manioc. Malgré un peu de réticences, j'enlève sa carapace préhistorique et déguste sa chaire, delicieuse. Belle soirée au coeur de l'Amazonie, à discuter avec les piroguiers sous un fond sonore de reggae jamaicain. Des images de coucher de soleil, en forêt amazonienne, une nuit en hamac, des nouvelles découvertes culinaires et des échanges enrichissants: un des moments forts de mes trois premiers mois en Guyane.

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Bonnes fêtes à tous. J'espère qu'elles se dérouleront dans la paix et le bonheur.

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07 déc. 08

France/Guyane - Réputation de la faune guyanaise: légende ou réalité?

"Guyane". Le nom est prononcé, l'onde atteint le tympan voisin, le sursaut émotionnel a lieu. Pour les uns, une terre d'aventure, riche d'une population multiculturelle que l'Histoire a fait venir des cinq continents au fil de vagues d'immigrations souvent douloureuses, d'une nature belle et envoutante. Pour les autres - la majorité d'après moi- une terre à problèmes, sorte de nouveau "far west" selon les émissions métropolitaines et riche d'une forêt aussi vierge que dangereuse. Aussi vais-je fournir un élément de réponse à cette question: y a t-il lieu de vraiment avoir peur des agressions animales en Guyane ? Ma réponse sera en fait celle d'une étude que je suis en train de lire après l'avoir téléchargé sur le site de la Banque de Donnée de Santé Publique (BDSP) et qui s'intitule "agressions par la faune en Guyane française: étude rétrospective sur 4 ans", et écrite par E.Mimeau et P.Chesneau. Je vais donc synthétiser cette synthèse, unique solution pour donner un avis pertinent et scientifique sur ce sujet. J'en profite pour y joindre une série de photos d'animaux en tout genre que j'ai photographié autour de chez moi.

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    Papillon de nuit, envergure 10-12 cm.

Ainsi la diversité et la beauté de la faune guyanaise n'a d'égal que sa fâcheuse réputation...Le premier animal que je vis ici, fut un animal craint également en métropole...m'en allant vers la voiture de mon ami sur le parking de l'aéroport, une grosse chenille - la plus grosse que je n'ai probablement jamais vu, mais peut-être un bébé, ironise Éric - traverse langoureusement le parking. Était-elle urticante pour l'Homme ? Je ne le serai jamais. Mais j'ai appris grâce à cette étude, qui s'est basée sur les appels de la population au SAMU, que les arthropodes, et en particulier les hymenoptères volants (fourmis, guêpes, abeilles) constituent la première source d' "enquiquinements faunistiques" de Guyane: guêpes et autres insectes volants sont la première source de blessures animales en Guyane, et sont nuisibles en zone urbaine ( ce qui semble logique, compte tenu de la proportion de population y vivant) et en période de saison sèche.

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Scarabée (mort), taille: 5-7 cm   

Qu'en est t'il des autres arthropodes, les scorpions par exemple ? Leur piqure a fait l'objet de 65 appels, dont 38.5% provenant d'une zone urbaine...et les fameuses mygales, elles ont été la cause de...3 appels en 4 ans. Impressionnant, n'est-ce-pas ? 

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papillon diurne, envergure 6-8 cm

Et les serpents alors? Ces fameuses bébêtes fantasmatiques, qui engendrent tellement de peur, particulièrement quand on parle de la Guyane...sur une centaine d'appels pour envimation ophidienne en 4 ans, 60 provenaient de morsures en forêt. Quelques calculs s'imposent...le livre de Jean-Philippe Chippaux publié en 2002 et intitulé "Venins de serpents et envenimations" explique qu' "En France, on peut estimer que l'incidence moyenne des morsures de serpents est d'environ 3.5 pour 100 000 habitants. Cela correspond à environ 2000 morsures, soit près de 500 envenimations et 1 décès par an." Ainsi, la comparaison est claire: 25 envenimations par an en Guyane, soit 1.25*10-4 envenimations/hab.an contre 8.33*10-6 envenimations/hab.an en France. Si on ramenait ce chiffre au nombre de serpents sur le territoire, la Guyane serait probablement moins dangereuse que la métropole en terme de fréquences de  morsures... La vrai différence réside dans le risque de mortalité lié aux morsures de quelques uns de nos compères, notamment les Grages Grands Carreaux et les Fer de Lance. En tout cas, ce lézard, malgré sa taille impressionante à première vue - comparez la à la canette de Fanta - est assez commun le long des routes ou dans les jardins.

 

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Lézard, taille 25-30 cm

Comment interpréter ces chiffres? Tout d'abord, en disant que les hyménoptères volants que sont nos guèpes, abeilles et autres fourmis représentent plus du tiers des appels au SAMU pour une agression par la faune. Tout piqûre peut entraîner une réaction nocive chez un sujet allergique. Cependant, une espère est connue pour des attaques massives entraînant de vériables envenimations: "l'abeille africanisée" ou "abeille tueuse". Elle a acquis son surnom par un comportement "défensif" des plus aggressifs! Face à un danger, l'essaim dérangé attaque massivement et poursuit l'agresseur sur une longue distance. Une belle saloperie ces abeilles, et autant dire qu'il n'est pas inutile de savoir reconnaître leurs nids pour faire demi-tour et appeler des spécialistes de destruction des nids. La dose létale pour l'homme est d'environ 22 piqûres par kg de poids corporel..ça peut faire souffler, mais quand on sait que parfois des milliers d'abeilles restent autour de la personne attaquée, on comprend qu'on y est vite. Les deuxièmes causes de blessures par la faune sont donc les morsures de serpents, même si elles restent donc rares. Et quelle est la troisième cause? La réponse est simple: les morsures de chiens! Hé oui, de nouveau, ils sont un danger bien plus présents que la plupart des animaux sauvages, un peu comme avec les moutons des Alpes, dont les attaques par les loups sont hypermédiatisées alors qu'on ne parle jamais de la première cause d'attaques que sont les chiens. Bref, une manipulation médiatique de plus, même si le débat est légitime...Continuons cet article en plagiant la conclusion de l'étude: " la question des agressions par la faune, en Guyane, n'est pas anodine. Ce département est plus concerné que ses homologues métropolitains, même si ces agressions ne représentent que 1% des appels au SAMU de Guyane.(...)A travers cette étude, on a pu voir que les agressions par hyménoptères volants, serpents et chiens et scorpions composaient l'essentiel des agressions par la faune en Guyane. Les agressions par félins sauvages peuvent toujours survenir, mais dans des conditions exceptionnelles.(Ainsi) les mythes et fantasmes qui abondent dans les histoires sur la Guyane doivent être considérés pour ce qu'ils sont: des récits fabuleux qui témoignent de l'imagination de l'homme face à une merveilleuse contrée! " L'étude ne mentionne pas du tout les anacondas. Deux raisons possibles: soit les attaques sont presque inexistantes, soit les individus sont presque inexistants, quelques restes errants dans les fèces de ces chouettes serpents.

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28 nov. 08

France/Guyane - Prix de l'essence: des habitants unis derrière une revendication légitime

La Guyane est, vous en avez peut-être entendu parler, actuellement en phase de blocus généralisé sur l'ensemble du territoire et surtout sur le littoral, où se situe 90% de la population. Qu'elle en est la cause ? un prix des carburants  à la pompe énorme, à savoir 1.77 euros le litre d'essence et 1.55 euros le litre de gazole. Après avoir un peu découvert une vue de la France depuis un autre pays de l'UE (je ne compte pas la Suisse...car les discours sur la France y sont rarement objectifs !:)), j'ai la chance de pouvoir avoir une vue de la France métropolitaine depuis un DOM-TOM, et qui plus est la Guyane, département à part. Je veux donc tenter de donner une vue synthétique et critique de la situation, à partir d'échanges avec les Guyanais et de trois articles de presse que j'ai lu,et dont les titres sont assez révélateurs de l'orientation politique de ces grands journaux métropolitains.

Voilà les trois articles que je vais me permettre d'utiliser et de commenter.

- Article Web du Monde en date du vendredi 28/11/08: "le prix de l'essence enflamme la Guyane" (sauf erreur, 1ier article publié par le quotidien).

- Articles Web de Libération: "Pourquoi la Guyane est elle bloquée depuis lundi?" en date du lundi 24/11/08 et article "Guyane: la Région refuse de baisser sa taxe sur les carburants".

- Article Web du Figaro en date du vendredi 28/11/08: "Les violentes manifestations en Guyane clouent Ariane 5 au sol" (sauf erreur également, 1ier article publié par le quotidien).

Il est intéressant de noter qu'une série d'articles a ainsi été publiée par Libération dès le premier jour des blocus, contrairement aux deux autres quotidiens.

Quelle est la revendication?

Ce mouvement de lutte pour une baisse du prix de l'essence en Guyane, lancé par des associations de consommateurs et les organisations de transporteurs et qui est très majoritairement soutenu par les socioprofessionnels, des élus et la population locale, demande une baisse de 50 centimes sur les carburants, dont les prix sont administrés par l'État dans les différents Départements d'Outre-Mer.

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(photo prise le 28/11/08, reçue par mail, source inconnue)

Pourquoi le prix de l'essence est il si cher en Guyane ?

En moins de 2 ans, le carburant a augmenté de 46 centimes en Guyane. Le prix de l'essence est taxé d'une part par la collectivité régionale (la Région Guyane) et d'autre part par l'État. La Taxe de la Région (dite Taxe Spéciale sur les Carburants) est ensuite allouée aux autres collectivités, dont les finances sont fragiles: pour être clair, ici, les  investissements des collectivités, par exemple la construction d'établissements scolaires, nécessitent des subventions de l'État et de l'Europe. Auparavant, la Guyane s'alimentait de carburants provenant de Trinité-et-Tobago,  mais ces derniers seraient nocifs pour les moteurs. Fin 2006, une décision de justice favorable aux concessionnaires automobiles a contraint les compagnies pétrolières à changer de fournisseur pour vendre du carburant conforme aux normes européennes. C'est ainsi que le pétrole provient maintenant de la raffinerie SARA, en Martinique, avec un prix supérieur d'environ 30 centimes par rapport au fournisseur antérieur. Cette augmentation s'est fait par pallier par la préfecture, avec une compensation financière à la raffinerie. La montée du cours du pétrole jusqu'en juillet 2008, et une hausse sensible de la taxe destinée aux collectivités locales ont amplifié le phénomène.

Quelles sont les idées dominantes dont j'entends parler autour de moi ?       

La première impression que mes échanges avec la population guyanaise me donnent est qu'elle ne cédera pas face à cette revendication, qui est pour tout le monde complètement légitime. Compte-tenu du prix du baril actuel, ce prix  semble anormal: un plein d'essence à (pour une voiture "normale") 110 euros alors que le prix a chuté en métropole. Un plein d'essence à 110 euros alors que depuis qu'elle fournit la Guyane, le Chiffre d'affaire de la raffinerie SARA est beaucoup plus important que lorsqu'elle ne fournissait que les Antilles. Un plein d'essence à 110 euros alors que les transports en commun sont quasi-inexistants en Guyane (ce n'est pas une raison suffisante, quoi qu'il en soit). Un plein d'essence à 110 euros que la Région taxe pour faciliter les finances locales qui en ont bien besoin. Ainsi, la majorité des Guyanais ne souhaite pas que la Région diminue sa taxe, mais bel est bien que la baisse de 50 centimes immédiatement demandée soit approuvé par la préfecture (État). Cependant, certains Guyanais souhaitent aller plus loin et demander à ce que les prix de l'essence soient alignés sur ceux de la métropole...Nous n'en sommes pas là, mais je ne pense pas que la population cèdera face à ce prix énorme comparé à la métropole et aux autres DOM.

Qu'en est il sur le terrain ?

J'habite à 10 minutes à pied du carrefour de Suzini, que l'on voit sur cette photo prise par Jody Amiet (AFP)  et dont le blocus empêche les voitures de rentrer dans Cayenne...

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(photo reçue par mail, source Jody Amiet, AFP)

Je passe par là tous les jours et vous imaginez bien que ma frustration de ne pas pouvoir prendre de photos  de moi-même est importante tant il y a de belles scènes de ce moment unique de la vie guyanaise. Toutes les routes sont bloquées, des tables sont installées, de DJs et même une scène de concerts ont été montés. Pour le moment,  pas vraiment de problèmes. Des personnes assis à une table et jouant aux dominos, la radio à l'écoute pour voir l'évolution de la situation, des poissons qui cuisent sur la grille du barbecue...et donc pas de tensions importantes palpables. Pas ici, et à priori pas plus ailleurs. Mais alors, où sont ces violentes manifestations dont parle le Figaro ? Il n'y en a tout simplement quasiment pas, à part quelques voitures brulées (moins de 10 à ce jour)...rien de comparable avec ce qui se serait déjà passé en métropole après 5 jours de blocus...Premier exemple évident de cette image négative de violence et d'insécurité très facilement exacerbée au moindre dérapage par certains médias métropolitains. Au contraire, les blocus sont des lieux de cohésion sociale plutôt conviviaux, où on déguste un jus de mangue en laissant passer piétons et cyclistes. Pour aller plus loin, ce blocus révèle une solidarité et une union importante - c'est une belle avancée d'après mon chef guyanais- entre les guyanais, quelque soient leurs origines. Ainsi les commerçants chinois ont-ils presque tous fermés rideaux par soutien, alors qu'ils ont toujours complètement à part (et intégrés) dans la société guyanaise. Aussi les Hmongs, arrivés du Laos dans les années 70 et également parfaitement intégrés ici ont distribués fruits et légumes gratuitement sur les lieux de blocus. Les Guyanais sont ainsi unis face à cette situation intenable et qui pénalise toute la société, à la différence des autres départements français. Intéressant. 

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  (photo prise le 28/11/08, reçue par mail, source inconnue)

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18 nov. 08

France/Guyane - Problématiques du développement territorial guyanais (1): la localisation

Un ordinateur portable connecté à la toile est une source d'enrichissement très précieuse de nos jours...N'en ayant pas en Irlande, je n'avais pas pu étayer tant que ça mes connaissances sur les caractéristiques sociales, économiques et même environnementales du pays du trèfle. D'où mon intérêt toujours très présent à lire mes blogs amis sur l'Irlande, avec notamment une série d'articles très bien faits par Estelle et qui couvrent l'ensemble de la société et du pays irlandais...un blog précieux que je recommande à tous les passionnés - et les moins - par ce chouette pays. Cette fois, je compte bien tenter de vous fournir un panorama plus complet sur la Guyane...Bien sur, je ne vais pas inventer ce que je dis et compte bien citer mes sources...d'ailleurs, j'ai trouvé des documents très intéressants (parfois directement liés à mon travail et que je me dois de lire) sur le site consacré aux subventions européennes en Guyane. J'ai trouvé mon bonheur intellectuel à travers la lecture en cours des différents Programmes Opérationnels qui présentent en première partie des diagnostics territoriaux précieux de la Guyane et que j'utiliserai régulièrement comme source documentaire sûre. Commençons cette série d'analyses par la localisation de la Guyane.

carte_Amsud 

Cette carte le met bien en évidence: la Guyane est le seul territoire européen du continent sud-américain. En plus d'être un Département d'Outre-Mer français, elle fait partie, au niveau européen, des 7 Régions Ultra-Périphériques (RUP) que compte l'UE. Ce concept de RUP est issu de la reconnaissance de handicaps permanent touchant ces régions européennes et nuisant à leur développement économique: éloignement, insularité, faible superficie, climat "difficile" et dépendance économique vis-à-vis d'un petit nombre de produits.    

 

  Map_Europe_Outermost_regions

On pourrait penser que sa position géostratégique (seule porte d'entrée potentielle de l'Europe en Amérique du Sud) est un avantage indéniable. Ici, 10% de la population guyanaise vit ainsi en territoire enclavé, i.e non accessible par la route ! Je n'y suis pas encore allé, mais pour en avoir discuté avec des métropolitains ("métros") mais aussi avec mon chef (créole), quand on débarque dans ces communes, le dépaysement est vraiment important. Aucunes infrastructures, très peu de moyens, et pourtant on est en France ! Quelqu'un me disait que peut être, l'État avait laissé dans le passé ces villages de côté en imaginant que les habitants allaient migrer le long du littoral. Et finalement, tout le monde est resté. Ainsi, toute la partie intérieure de la Guyane est déjà même enclavée au milieu de la forêt, et donc, aucune route ne traverse la Guyane du nord au sud. Les 730.4 km de frontière entre Brésil et France (plus grande frontière entre la France et un autre pays, 100 km de plus qu'avec l'Espagne) sont donc constitués de forêt équatoriale, marécages et fleuves. Pour traverser la frontière, en ce jour d'aujourd'hui, il faut prendre une...pirogue ! Et du côté du Suriname me direz vous ? La aussi, voila en 2008 en France, le seul moyen pour aller au Suriname est la pirogue: 

P1000496

Ça a un côté génial sur le plan individuel, mais limitant pour le développement économique du territoire guyanais...Un pont est prévu entre Oiapoque, au Brésil, et Saint-Georges, petite commune qui m'a dépaysé lorsque j'y suis allé pour une réunion. L'idée est de développer cet axe.

   515px_Border_Brazil_France

Ainsi, des infrastructures routières limitantes voir inexistantes. Qu'en est il des des ports et du transport aérien ? Là aussi, les possibilités sont limitées, à cause des situations de quasi monopoles des compagnies et de la faible capacité des infrastructures portuaires et aviaires, je me suis grippé, je veux dire aéroportuaires. Ces monopoles engendrent un très fort prix du transport, qui se répercute sur le prix des biens de consommation. Je passerai vite sur le reblochon à 30 euros le kilo tellement mon coeur haut-savoyard est attristé, mais comment peut on accepter qu'un trajet de 2 heures pour aller faire un tour aux antilles (Guadeloupe ou Martinique) soit à 400 euros AR la place, voir 700 euros AR pour la période des fêtes...aller de la France à un autre coin de France peut coûter plus cher qu'on ne l'imagine, un vrai scandale ! Comment peut on imaginer aussi que les billets d'avion Paris-Cayenne AR soient, pour aout 2009, déja à 1200 euros ? Ainsi, vous l'avez compris, que ce soit vers la métropole ou vers l'Amérique du Sud, la position géopolitique de la Guyane est largement sous-exploitée en termes d'échanges (commerciaux, culturels, techniques, universitaires), et est donc plûtot synonyme d'éloignement et d'enclavement que de point d'interconnexion des continents...Pour conclure, voilà une conséquence abérrante de cet enclavement: la nourriture du Brésil fait le trajet Brésil > France puis France > Guyane pour arriver à Cayenne!!!

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08 nov. 08

France/Guyane - Week-end aux Transamazoniennes

La Guyane est un territoire relativement enclavé et surtout peuplé le long du littoral, où les trois principales villes, Cayenne et Kourou à l'est, et Saint-Laurent-du-Maroni à l'ouest, se trouvent. Les trois villes ont une ambiance propre, Kourou étant la ville du centre spatiale, Cayenne regroupant les administrations et Saint-Laurent une ville frontalière avec le Suriname. Saint-Laurent est également à la source d'un festival au nom évocateur, les Transamazoniennes, festival important ici mais restant de taille modeste (1 seule scène...) et où nous avons donc décidé d'aller en ce week-end du 25 octobre. Ce festival est un festival international des cultures d'Amazonie, et se veut un lieu incontournable pour promouvoir la musique des différentes communautés guyanaises, mais aussi du plateau des Guyanes plus généralement, du Brésil, des Antilles, et un certain nombre de grosses pointures internationales, notamment jamaïcaines ou africaines.                                    

Samedi 25 octobre, 13h30, Kourou, un parking, un soleil de plomb, 7 moustiques et autant de loustiques : Eric et ses compères: Steph, Kamal, Luis, Sandra, moi-même et Virginie, de passage en terre guyanaise. 2 voitures, quelques bières, quelques jus-de-fruit, une bonne dose d'énergie et une grande envie de rejoindre le camp de la transportation de Saint-Laurent, ancien bagne de Guyane. Hé oui, comme l'a dit Alpha Blondy en ce lieu il y a quelques années (dixit Eric), en Guyane, il y a des noirs qui ont souffert, mais aussi des blancs, donc..."0 fautes"! La route est longue, et durant 3 heures environ, y défilent forêt vierge, savane (devant), marécages (au fond).

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Premier arrêt à Iracoubo,  petite commune calme où le temps semble arrêté...Un endroit bien dépaysant, et un vrai bonheur. Second arrêt pour se baigner dans une crique, mot local désignant une rivière. C'est le PIED!! Eau douce tropicale au moins à 25°C, nature sauvage, soleil. C'est beau, calme et vraiment agréable. 

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L'eau des criques amazoniennes offre de subtils et splendides reflets brun et or, qui me rappellent parfois certaines rivières irlandaises...mais seulement à la couleur ! D'où vient elle, cette couleur ? Probablement de l'humus (matière organique des sols), mais je le vérifierai lorsque je me pencherai, par intérêt personnel, sur les sols de Guyane. Ces rivières d'eau douce tropicale me permettent d' observer ces petits poissons qu'on voit en jardinerie, des Cichlidés de type Apistogramma et des petits Characidae proches des néons...Certaines peuvent sourire à cette lecture, mais en ce qui me concerne, j'apprécie les voir dans leur milieu ! D'ailleurs, ici, pour se faire un aquarium d'eau douce tropicale, il suffit de prendre un filet. Ceci dit, il est aussi très intéressant de lever la tête...

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Un mouton paresseux (ou paresseux , ou aï) s'accroche au bout de l'arbre pour y grignoter quelques feuilles ! C'est un très beau moment que de voir ces habituels bêtes de documentaires animaliers dans leur milieu naturel, et de se rendre compte de leur beauté. Il s'agit ainsi du premier mammifère que je vois en vie en Guyane, et il est beau et semble bien plus agile que je ne l'imaginais. Cette petite crique offre encore de belles possibilités de photos...

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...mais la route n'est pas terminée et il faut repartir après cette pause plus qu' agréable, sur une route assez délicate car plutôt longiligne sur trois heures.

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Quelques dizaines de minutes après le départ de cette crique, arrivée à Saint-Laurent-du-Maroni, deuxième ville et sous-préfecture de Guyane. J'entends parler en bien de cette ville depuis mon arrivée, pour sa culture à priori "reggae" et les soirées qu'on y passe. Située à proximité de l'embouchure du Maroni, le fleuve roi de Guyane, elle est le point de départ des pirogues pour rejoindre le Suriname via la commune d'Albina et les communes  guyanaises construite le long du fleuve Maroni. Beaucoup d'ethnies y cohabitent, et en particulier de Bushinéngué, que j'aurai le temps de vous présenter. Plus d'explications sur cette ville suivront dans le futur, mais pour le moment, revenons-en à notre arrivée à Saint-Laurent, et aux premières vues apparaissant sur le Maroni, et aux couleurs légèrement amplifiées par l'appareil. Un endroit splendide.

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Après un apéro légèrement arhumatisé, la soirée se déroule au camp de la Transportation (ancien bagne). Les concerts se succèdent, entre groupes locaux en début de soirée, puis tête d'affiche de plus en plus importantes. La bonne surprise est pour moi ma découverte de Daby Touré, dont je mettrai le myspace en lien sur ce blog, et qui a vraiment assuré. Puis vient la star de la soirée, Gregory Isaacs, jamaïcain de l'époque de Bob mais plus loveur que rasta, et enfin, après quelques groupes locaux, Diblo Dibala. Une soirée aux groupes d'origine très variée et donc originale, car plutôt différents des concerts habituels de Haute-Savoie. Un très bon moment qui se termine tôt le matin à l'internat de médecine, où nous pouvons poser les hamacs et où le levé du jour est un délice photographique.

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Le jour se lève, les festivaliers se couchent dans le hamac...et c'est reparti dans le sens inverse! Dimanche matin,  9h00,  sept moustiques et autant de loustiques sortent de leur sommeil à Saint-Laurent, et commencent leur journée. Retour le long du Maroni, avec vue, au fond, du Suriname.

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Petite assiette de poisson locale au bord du fleuve...et nous revoilà sur la route au début de l'après-midi ! Retour à la crique...Baignade dans une eau splendide à 25°, soleil, repos et décontraction assurée avant de reprendre la route. Malheureusement, l'endroit est beau mais sale...comme bcp d'endroits de ce DOM. Un vrai effort à faire de la part de Mr tout le monde, mais j'aurai le temps d'en reparler.

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N'oublions pas non plus les papayers, arbres fruitiers à feuillage persistant des régions tropicales humides cultivés pour leur fruit, la papaye, et originaire du Sud du Mexique. 

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Puis, retour à Iracoubo. Le centre du village (bourg) fut construit au début du 19ième siècle en même temps qu'un certain nombre de hameaux l'entourant...C'est une petite commune vraiment dépaysante, qui ne ressemble à rien de ce que j'ai pu voir auparavant.

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L'église Saint-Joseph, qui date de la fin du 19ième siècle et que vous voyez sur la droite, a une particularité de taille. Ses murs intérieurs ont été recouverts par des fresques très originales. Ces peintures, d'aspiration naïve, sont l'œuvre d'un artiste du nom de Pierre Huguet, un bagnard (évadé récidiviste) pris en assignation par le père Raffray. L'ensemble de l'édifice intérieur a été peint, de 1892 à 1898. Voici quelques photos de cette très belle décoration.

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Le retour à Cayenne se termine avec cette photo...de la tête au pied.

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Ce week-end m'a montré que la Guyane, lieu encore très préservé, offre une certaine qualité de vie très intéressante. Ici, peu de musées et assez peu d'évènements culturels en général, mais des possibilités d'excursions riches et variées. J'aurai l'occasion de vous en présenter d'autres.

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29 oct. 08

France/Guyane - Une plage de Cayenne: Montravel

La Guyane: de l'eau salée, de l'eau saumâtre, et de l'eau douce! En ce dimanche 19 octobre, l'activité principale de la ville de Kourou n'était pas un concours de pétanque, mais bel et bien un évènement original pour un métro fraichement arrivé: une course de pirogue intitulée "les maîtres de la pagaie".

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Cette course, qui se déroule à bord de pirogues traditionnelles de 12 mètres, a pour objectif, au-delà de son esprit sportif, de permettre l'expression de toutes les identités et spécificités guyanaises, comme le dit si bien l'association Terre de jeux, qui en est à l'origine. Ici, cette attraction n'est pas unique, et un certain nombre d'autres communes organisent des courses similaires. Après cette matinée fort ensoleillée et chaude, c'est à Cayenne que s'est déroulée la suite des évènements. Et à travers ce message, je compte vous présenter la plage de Montravel, petite plage très agréable de Cayenne, mais qui, pour la petite histoire, fait partie des plages qui pourraient être interdites lors de la mise en application de la nouvelle réglementation sur la qualité des eaux de baignade.

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Le coucher de soleil est également un très bon moment pour s'exercer à mettre en valeur un ciel de toute beauté, notamment grâce à certains réglages de l'appareil...Quelle est ma première impression sur les plages de Guyane? Pour les trois que j'ai vu, je les trouve sauvage, naturelles et peu ou pas entretenues. Cela veut aussi dire qu'elles ne sont pas très propres. A Rémire, banlieue huppée de Cayenne, les trois kilomètres de plage ne possèdent pas une seule poubelle...d'où un certain nombre de déchets. Ici, cela est commun, et je vous en reparlerai. Par contre, elles sont aussi faiblement peuplées, y compris le week-ends...On est très loin des plages de métropole. Et puis, il y a aussi cette eau de couleur grise, du moins sur les premiers kilomètres, un eau qui n'invite pas le touriste à venir en Guyane, et dont la couleur est due au charriage sédimentaire du fleuve Amazone, dont l'embouchure est pourtant situé à plusieurs centaines de kilomètres, à l'est. La carte satellite ci-dessous (source) montre très bien cet impact.

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Pour résumer, une couleur grise peu entraînante (ne venez pas ici si vous cherchez des eaux bleues...), des plages assez préservées, parfois sales, faiblement fréquentées, et où les kiteurs se font plaisir...

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27 oct. 08

France/Guyane - Première présentation avec Mlle Amazonie

Hé oui, une toute première présentation de Mademoiselle Amazonie s’impose, après trois semaines passées en Guyane. Amazonie...quel nom évocateur, synonyme de tellement d’éléments flous, évoquant la peur de l’inconnu, l’aventure, la nature vierge de traces humaines...et des l’enfance, je l’imaginais cette Amazonie, je la lisais et la découvrais au fil de quelques livres qui me laissaient réfléchir...m’imaginais-je la découvrir un jour ? Je ne sais pas, je ne crois pas...l’Amazonie paraît si lointaine quand on est enfant. Ce n’est pas la forêt vierge que je vais vous conté, mais la forêt touchée par l’Homme, qui est cependant très dépaysante. Je vous présenterai un peu mieux cet écosystème immense et fragile, surnommé le poumon de la terre. Mais pour l’instant, laissez-moi vous présenter quelques photos introductives à l’Amazonie française.

C’est ainsi qu’en ce vendredi 17 octobre je m’en suis allé très légèrement dans la forêt en compagnie de nouveaux compagnons de route (en l’occurrence des « compagnonnes ») pour prendre un petit bain de vie dans une crique d’eau d’un ruisseau s’écoulant de la colline... Il s’agit de la deuxième crique que je rencontre, après une première –plus grande – vers Kourou, ou s’alliaient l’eau et la terre dans une belle couleur, un peu au brun or de l’Irlande tourbeuse...Celle-ci, située « colinne de... », fut tout aussi intéressante. Voila quelques photos prises sur les quelques centaines de mètre à faire pour y arriver.

Pris par l’envie de me baigner, j’ai tout simplement oublié de prendre une photo de la crique en elle-même, qui soit dit en passant étant petite et peu alimentée en eau, saison sèche oblige.

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Voila donc ces 4 premières impressions de la forêt amazonienne. Ce ne sont pas des « impression soleil levant », mais plutôt des « impressions contre-jour » pour les deux premières, « déprogrammées » par une option de mon appareil photo que je n’avais pas sur le TZ3 (j’ai aujourd’hui son grand frère le TZ5). La forêt laisse parfois des traces...J’ai probablement du un peu trop flirté avec une branche ou une feuille qui ne m’appartenait pas...C’est ainsi que je me suis fait quelques copines en redescendant vers la voiture : une trentaine de minuscules insectes d’environ 1mm, qui a les regarder de plus prêt, ressemblaient à des tiques...30 tiques a enlevé une par une donc...Je vous rassure, ce n’est tout de même pas commun. Bienvenue en Amazonie! Pour conclure cette petite introduction, je vous presente Mlle Stephanie et sa banbine Angela.

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17 oct. 08

France/Guyane - Du coté de la nature: découvertes ornithologiques

S’il y a un regret que je pourrais avoir (mais que je n’ai pas) lors de la présentation de mon séjour irlandais, c’est éventuellement le nombre trop limité de messages sur la nature et l’environnement de l’île d’Emeraude... Il faut dire aussi qu’ ici, en Guyane, à part éventuellement ceux en sable, il n’y a pas de châteaux, forcément. Non, ici, mon impression est que les découvertes urbaines seront moyennement intéressantes... Cayenne de nuit semble, d’après la seule soirée que j’y ai faite, être encore plus calme qu’Annemasse...mais où est passée toute cette population guyanaise de moins de 25 ans, qui représente, comme en Irlande, pourtant 50% de la population totale ? Non... je ne pense pas, à première vue, que les villes de Cayenne et Kourou soient réellement intéressantes à présenter comme le fut Dublin ou Grenade...En plus, ce sont des villes bien plus petites, ne l’oublions pas! Et bien sur, cela ne m’empêchera pas de le faire quand même ! Je pense que la Guyane se découvre pour autre chose, pour ses cultures, pour ses écosystèmes, sa faune et sa flore...Je vous présenterai donc l’état d’avancement de la gestion de l’environnement (déchets, énergie, eaux etc) en Guyane, mais ce message, j’y viens enfin, a un autre but : vous faire découvrir les oiseaux des jardins guyanais...Hé oui, les personnes qui me connaissent savent que j’ai un vrai plaisir de gosse à observer les oiseaux ...je vais donner quelques détails sur chaque espèce, ce qui peut être n’intéressera pas tout le monde, mais bon, ça m’incite à rechercher l’information dans ce beau livre qu’un papa nommé Noël m’offrit en décembre 2006...

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Certaines photos ont été recadrées et agrandies à l’aide de l’appareil photo, ce qui a pour conséquence de mieux voir les oiseaux mais aussi de diminuer considérablement la qualité de l’image...Ainsi, pour commencer, faisons honneur à l’oiseau qui me plait le plus dans ce jardin, et qui semble être un Émeraude orvert. Trouvez le ici...ce devrait tout de même être assez simple.

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Ce très petit colibri (7.5 cm) est un hôte régulier des milieux ouverts (lisières de forêt, broussailles, savanes, terrains cultivés, jardins) et est ainsi assez fréquent autour des cohabitations. Celui que j’ai pris en photo est une femelle...Comme tout colibri digne de ce nom, il se nourrit principalement du nectar des fleurs. Il est intéressant de souligner que les 330 espèces de Trochilidées (colibris) se rencontrent exclusivement en Amérique,sous toutes les altitudes, latitudes et écosystèmes: on peut ainsi observer des colibris de l’Alaska à la Patagonie! Pour moi, c’est une petite surprise. Voila une autre photo agrandit avec l'appareil.

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Parlons ensuite du piaf local, le Tyran Quiquivi. Tous les guyanais connaissent ce passereau de 22 cm, et surtout le reconnaissent à son chant caractéristique, «qui-quiviii !». Il s’agit en fait d’un des oiseaux les plus communs d’Amérique du Sud, et ce surnom lui colle à la peau (euh non, aux plumes) dans plusieurs pays. D’ailleurs, ses potes les Tyrannidés se retrouvent, comme les colibris, sur l’ensemble du nouveau Monde.

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Ensuite, le merle leucomèle. Il est le cousin guyanais du merle noir de métropole...Il existe  4 espèces de merle en Guyane... Hé oui mon gars, t’es pas le seul ici à avoir ton joli chant de merle! T’as beau être une espèce très commune sur le littoral, t’es pas tout seul ! Hé puis fais comme tes semblables du Surinam, copule toute l’année au lieu de te limiter à la saison sèche. Punaise ils sont vraiment débiles ces merles !!!

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Continuons ensuite avec la présentation de l'élénie à ventre jaune, qui est elle aussi assez commune sur le littoral de Guyane et fréquente les zones ouvertes tels que les abattis, les pâturages, les savanes mais aussi les jardins. Un agréable petit passereau qui ferait bien d’aller chez le coiffeur et d’arrêter de se prendre pour un punk. En tout cas, ici, si elle souhaite devenir un punk à chien, elle le pourra facilement : hé oui, il y a beaucoup de chiens errants en Guyane, et pas que des vilains.

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Voila cette brève présentation de mes premières découvertes ornithologiques...La Guyane m'en réservera bien d'autre, c'est une certitude! Je partagerai donc sur ce blog quelques découvertes ornithologiques. Une manière simple de faire vivre un de mes centres d'intérêt: le partager !

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08 oct. 08

France/Guyane - Arrivée et installation à Cayenne

Ça y est, le pas est franchi! Après un mémorable week-end ou j'ai pu revoir nombre de personnes que j'apprécie, je prends donc l'avion et découvre le confort des longs courriers d'air France comparée aux trajets intra-européens...Le vol se déroule bien, 9 heures direct Paris-Cayenne qui finalement passeront assez vite, entre découverte des dernière aventures d'Indiana Jones, repos, musique et lectures variées...Puis arrive la coté sud-américaine et voilà ainsi la première image que je garderai à vie de la Guyane et qui résumé assez bien l'environnement de ce département.

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Puis on s'approche de la piste, la nature prend le dessus sur tout le reste...un rapace plane au dessus de la forêt, et déjà je suis émerveillé par cette toute première approche d'une des zones à la plus grande biodiversité du monde...L'avion atterrit, de l'eau coule sur les ailes...est ce le signe de bienvenue d'un taux d'humidité autour de 90-95% ? En tout cas, à la descente de l'avion, on ressent cette chaleur importante: 32° cet après-midi là. Je suis dans la partie la plus chaude de la saison sèche: je tombe au meilleur moment, ou au pire, je ne sais pas...Mais après quelques jours, je peux vous le dire: JE TRANSPIRE SÉVÈRE BORDEL! Mais bon, avec un bon ventilo...

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Ayant deux jours avant de commencer le boulot au rectorat, j'en profite pour aller chez un ami d'enfance Éric et découvre de suite de beaux paysages guyanais: forêt primaire, savanes, fleuves...Une petite place me permet de faire mes quelques découvertes ornithologiques, avec le "piaf" local, plus scientifiquement appelé le Tyran Quiquivi, passereau qu'on trouve du sud des États-Unis au Nord de l'Amsud. Voici également une photo d'une plage vers Kourou.

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Bref, après cette première journée à découvrir également les fruits du marché de Kourou, je m'en vais d'un pas soulagé à Cayenne, chez une femme contactée via couchsurfing. Je vis en maison, avec terrasse et au calme, à proximité de la forêt. La haie séparant la maison du voisin est composée de crottons, de bougainvilliers, d'hibiscus et autres plantes qu'on trouve bien sur en Europe, en jardinerie ! La photo ci-dessous est une fleur de frangipanier, dont l'odeur ressemble à celle du Monoï ou de l'ilang ilang, bref, une sorte de gel douche sur pied et sans eau :).  

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Alors que je décortique un peu ces plantes, un petit bourdonnement surgit, et un colibri s'approche de la plante que je vise...coup de bol donc, j'arme, attends qu'il réapparaisse (ces oiseaux ont des capacités d'accélérations énormes), et le fixe pour l'éternité. C'est une espèce de colibri, qui selon mon livre du GEPOG sur les oiseaux de Guyane, est tout de même assez commune dans les jardins...mais quel belle observation! Toutefois, il existe 31 espèces de colibris différentes ici...j'aurai donc le temps d'en voir d'autres, et je l'espère, de les photographier.

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Ce jardin guyanais offre de nombreuses possibilités de photos colorées, plus ou moins originales et en tout cas une bien belle nature urbaine.

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Je vous présenterai quelques photos du quartier prochainement, et ouvrirai des thématiques plus naturalistes, professionnelles, alimentaires, culturelles, historique et personnelles. Tout va bien donc, après 10 jours passés en terre guyanaise...un département assez mal réputé, et dont j'aurai un avis plus fondé dans quelques mois.

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24 sept. 08

France/Guyane - Introduction: pourquoi cette destination de travail ?

Mon séjour en Irlande, "la belle verte" (faux surnom et vrai clin d'œil à un blog ami) fut une réussite à tous les niveaux, et m'a permis d'évaluer la grande richesse qu'apporte la découverte de nouvelles régions, cultures, personnes, langues. C'est ainsi qu'après mon retour en mars 08, et face à situation incertaine (recherche d'un job avec une seule année d'expérience), j'ai décidé d'être complètement mobile et de postuler un peu partout... mais qui dit partout dit nul part, et rapidement, l'envie de repartir étant présente, j'ai affiné mes limites géographiques: France, notamment Paris et certaines grandes villes et/ou régions, Union Européenne (Scandinavie, Espagne, Irlande encore, notamment), Quebec et DOM-TOM. J'ai exclu la Suisse, ou j'ai vécu 7 ans et ou j'aurai le temps de revenir, peut-être. N'étant jamais sorti d'Europe, l'envie de partir dans un lieu vraiment dépaysant me tentait beaucoup. Enfin, une fois mes intérêts professionnels précisés, trouver un poste en Guyane devint une priorité...Après 5 mois de recherche d'emploi, c'est chose faite !

Voilà donc! Un séjour à durée indéterminée en Guyane française va commencer, et ce blog  se consacre dès à présent à la présentation globale de ce département d'outre-mer: économie, problématiques sociales, environnement, découvertes naturalistes, histoire, tourisme, découvertes des nombreuses cultures cohabitant dans ce petit bout de France d'Amérique Latine, mais également présentation de ma vie personnelle, professionnelle, de mes rencontres, pour la famille et les potes...Je compte bien passer à l'action, concrétiser mes années d'études par des projets en lien avec le développement et l'environnement, et en plus de cet emploi qui devrait me surmotiver, j'ai déja en tête une série d'idées, d'envies, de projets que je compte réaliser! Je vous emmène donc LA:

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