10 ans se sont écoulés depuis cette année en Guyane. Déjà. Une autre époque. La vingtaine. Une autre réalité professionnelle. Mais avec cette chance infinie de vivre à l'époque du Web, il devient possible de continuer à lire et s'enrichir de ces petites expériences du quotidien. Via le web, il devient possible de se connecter à des activités humaines lointaines. Ecrivons une dernière fois sur la Guyane avec les photos des expériences et vécus de quelques copains de l'époque.

Débat mouvant par ici, débat mouvant par . Ou comment cet outil, fréquemment utilisé dans le monde de l'éducation populaire, l'est aussi dans ce petit coin d'Amazonie qu'est la commune de Maripasoula, par les agents du Parc amazonien de Guyane, dans le cadre de la semaine du développement durable. Les trente participants ont été invités à se positionner (physiquement!) en fonction de leur point de vue (d'accord/pas d'accord) vis-à-vis de sujets volontairement controversés:

- Un hôpital oui, payer non !

- N'importe quel Maripasoulien a le pouvoir de décider !

- L'abattis, c'est l'avenir !

Durant deux heures, ils ont débattus, défendu des arguments, se sont laissés parfois convaincre par le camp d'en face.

Maripa-Soula

Débat mouvant à Maripa Soula (photo d'ici)

Dave, un copain de l'époque, exerce une variété d'activités en lien avec le développement local en Guyane. L'une d'entre elle, présenté dans le numéro 21 de la revue "Une saison en Guyane", a consisté en la réalisation d'un documentaire présentant un rite de passage à l'age adulte d'un lycéen amérindien, au sein de la commune de Camopi: le Maraké. Comme l'indique sa page Wikipédia, le Marake est un rituel de passage de la puberté à l'âge adulte chez les jeunes Amérindiens du plateau des Guyanes, et constitue un moyen privilégié pour renforcer la cohésion du groupe et celle de la communauté. Son documentaire en est un beau témoignage...dans cette interview est présenté l'origine du documentaire: "pourquoi ce documentaire ? C'était une invitation de la part du chef coutumier Wayampi, Jacky Pawey, à filmer les danses Wayampi, pour conserver notre mémoire et pouvoir les montrer aux futures générations." En le regardant, on y voit une femme amérindienne expliquant la légende de la fourmi dans le Maraké : "c'est l'histoire d'un homme, un chasseur qui un jour avait tué des vautours...furieux, le grand chef des vautours descend de son royaume pour capturer l'homme. Il lui dit: maintenant, tu seras mon serviteur, va me chercher de l'eau. L'homme se rend à la rivière...en recueillant l'eau de la rivière, il constate que sa callebasse est percée de toute part. L'homme se demande : comment vais-je faire ? Sur son chemin, il rencontre la fourmi noire toucango. Il lui dit: je dois aller chercher de l'eau pour le chef des vautours, mais la callebasse est trouée. La fourmi prend la callebasse, la remplit d'eau et comme par enchantement l'eau reste à l'intérieur. L'homme se demande : quel est ce prodige ? Curieux, il touche l'eau et toute l'eau se renverse. Il se dit: comment vais-je faire maintenant ? Au loin, il aperçoit de nouveau la fourmi noire et il l'appelle, et de nouveau la fourmi vient l'aider. L'eau reste dans la callebasse, bien qu'elle soit trouée. L'homme rapporte donc la callebasse de nouveau, au grand-chef vautour. Depuis ce jour, la fourmi est l'alliée de l'homme. C'est elle qui lui transmet le savoir."

Dave_Beneteau

Le Marake de Brandon, sur l'Oyapock

Dans ce magnifique témoignage, Brandon nous explique une belle nuance entre la vie sur le littoral et la vie dans les villages amérindiens: "être un homme sur le littoral, c'est quelqu'un qui se débrouille, qui a un savoir, un toit alors que chez les Wayampi, être un homme c'est de pouvoir passer une étape, de savoir construire, de savoir faire un objet, un abattis, connaître les plantes qui nous entourent. C'est ce qui nous fait être un homme chez les Amérindiens".

Un autre jour, Jody, un autre copain de l'époque, photographe (re)connu dans le département, est peut-être en train de couvrir une manifestation de ses belles photos dont certaines se retrouvent sur la toile.

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Jody

Et puis, ici ou là, une variété d'acteurs contribuent à la vie du Parc. Certains sont des scientifiques qui travaillent sur une variété de projets de recherche dans le but de mieux connaître les milieux naturels guyanais. D'autres sont des agents techniques divers et variés.

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Agents du parc amazonien de Guyane (photos du parc)

Photo Parc

Connaissez-vous cette espèce ?  Grenouille taupe-étoilée, crapaud fouisseur ou grenouille à nez de porc... autant de surnoms pour la Synapturanus sp. qui a la particularité de vivre sous terre. Elle a été découverte sur le Mont Itoupé en 2016.

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Voilà, clôturons cet article et la thématique "Guyane" en citant cette affirmation de mon manager de l'époque: "en un an ici, tu as juste dégrossi les grandes lignes du département. Il faut beaucoup plus de temps pour le connaître"...et laissons-nous imaginer quelques tranches de vie terrestre sur la base de ces petites rencontres internationales que le quotidien permet de faire facilement au jour d'aujourd'hui en Europe. A bientôt !

Photo Parc Guyane